Le Carnet du samedi
15 à 20 minutes pour soi
Fatigue d'automne : pourquoi notre énergie change-t-elle à l'approche de l'hiver ?

Et si, plutôt que de lutter contre la saison, nous apprenions à mieux accompagner notre organisme ?
Il est 17 h 30.
Dehors, la lumière décline déjà.
Le ciel est gris. L'air est plus frais. Les journées semblent soudain plus courtes.
Vous terminez votre travail et vous avez cette impression étrange : la journée n'est pas vraiment terminée, mais votre corps, lui, aimerait déjà ralentir.
Vous vous sentez peut-être moins dynamique.
Vous avez davantage envie de rester chez vous.
Votre motivation pour sortir marcher diminue.
Et parfois, une question apparaît :
« Pourquoi suis-je aussi fatigué(e) en ce moment ? »
Bienvenue dans Le Carnet du samedi.
15 à 20 minutes pour soi.
Pour lire, comprendre, écrire… et expérimenter.
Notre organisme ne vit pas indépendamment des saisons
Nous sommes profondément influencés par notre environnement.
La lumière, la température, nos horaires et nos activités participent à l'organisation de nos rythmes biologiques.
Au cœur de ce fonctionnement se trouve notre horloge interne, qui contribue à réguler l'alternance entre veille et sommeil.
La lumière naturelle constitue l'un de ses principaux repères.
En automne, les journées raccourcissent. Nous partons parfois travailler alors qu'il fait encore sombre et rentrons après le coucher du soleil.
Notre exposition quotidienne à la lumière peut donc diminuer.
Ce changement peut influencer notre rythme de sommeil, notre vigilance et, chez certaines personnes, notre humeur.
Mais attention : toute fatigue ressentie en novembre n'est pas automatiquement une fatigue saisonnière.
Le stress, un sommeil insuffisant, une maladie, une carence, une charge mentale élevée ou d'autres facteurs peuvent également intervenir.
Comprendre son énergie commence donc par éviter les conclusions trop rapides — une exploration que nous avions menée dans notre Carnet consacré à la fatigue.
La lumière : un besoin souvent sous-estimé
Nous pensons spontanément à notre alimentation lorsque nous cherchons à retrouver de l'énergie.
Mais pensons-nous suffisamment à la lumière ?
La lumière du jour aide notre organisme à synchroniser son rythme veille-sommeil.
C'est notamment pour cette raison qu'une exposition à la lumière naturelle le matin est recommandée pour favoriser la régularité de ce rythme.
En novembre, cela peut devenir un petit défi.
Nous travaillons à l'intérieur.
Nous déjeunons parfois devant un écran.
Nous remettons notre promenade au lendemain parce qu'il pleut.
Et nous finissons par passer plusieurs journées avec très peu de temps dehors.
Alors, plutôt que de chercher une solution compliquée, commençons par une question :
« À quel moment de ma journée pourrais-je retrouver un peu de lumière naturelle ? »
Une promenade matinale.
Quelques minutes dehors pendant la pause déjeuner.
Un trajet à pied.
Une activité en extérieur le week-end.
Même lorsque le ciel est couvert, sortir permet généralement de bénéficier d'une luminosité supérieure à celle d'un intérieur.
Le froid change aussi nos comportements
Quand les températures baissent, notre quotidien se transforme.
Nous sortons moins spontanément.
Nous avons parfois moins envie de bouger.
Nous passons davantage de temps assis.
Nous recherchons le confort, la chaleur et les espaces intérieurs.
Ces comportements sont compréhensibles.
Mais ils peuvent progressivement réduire notre activité physique quotidienne.
Or le mouvement régulier contribue à notre condition physique, à notre santé mentale et à la qualité de notre sommeil.
Il ne s'agit pas de devenir sportif parce que l'hiver approche.
Il s'agit de préserver le mouvement dans notre quotidien, sous une forme adaptée à nos possibilités.
Marcher.
Monter quelques escaliers.
Faire une pause active.
Danser.
S'étirer.
Profiter d'une éclaircie.
Le mouvement n'a pas besoin d'être spectaculaire pour avoir sa place dans une démarche de santé.
Ce que nous dit la recherche
Lumière, mouvement et récupération : ce que nous savons de notre vitalité
Plusieurs travaux récents convergent vers une même idée : notre énergie ne dépend pas d'un seul levier, mais d'un ensemble de facteurs qui interagissent.
La lumière naturelle reste l'un des principaux synchroniseurs de notre rythme veille-sommeil. Une exposition régulière à la lumière du jour, notamment le matin, est associée à une meilleure régularité de ce rythme — y compris lorsque le ciel est couvert, car la luminosité extérieure reste généralement supérieure à celle d'un intérieur.
Le mouvement régulier contribue quant à lui à la condition physique, à la santé mentale et à la qualité du sommeil, sans qu'il soit nécessaire de pratiquer une activité intense pour en bénéficier.
La récupération, enfin, ne se résume pas au sommeil : l'environnement sonore, les sollicitations, l'état émotionnel et la charge mentale pèsent eux aussi sur notre vitalité.
En d'autres termes, la fatigue automnale n'est ni une fatalité ni un diagnostic unique : c'est souvent un signal à lire dans sa globalité.
Et si notre énergie était aussi une question de rythme ?
Nous avons parfois tendance à considérer notre énergie comme une réserve fixe.
Nous nous réveillons avec une certaine quantité de vitalité.
Puis nous la dépensons jusqu'au soir.
Mais notre énergie dépend de nombreux mécanismes : sommeil, alimentation, activité, santé physique, état émotionnel et récupération.
Elle évolue également au cours de la journée.
Nous ne sommes pas nécessairement aussi disponibles à 8 heures, à 14 heures et à 21 heures.
Pourtant, nous organisons parfois nos journées comme si notre capacité de concentration devait rester constante.
Alors je vous propose de déplacer légèrement notre regard.
Plutôt que de vous demander :
« Comment avoir plus d'énergie ? »
demandez-vous :
« Comment est-ce que j'utilise celle dont je dispose ? »
Et surtout :
« Est-ce que je lui laisse suffisamment de possibilités de se renouveler ? »
Préserver son énergie, ce n'est pas seulement dormir davantage
Le repos est essentiel.
Mais il existe différentes formes de récupération, comme nous l'avions vu dans notre Carnet consacré au sommeil.
Le repos physique, bien sûr.
Mais aussi la possibilité de quitter un environnement bruyant.
De s'éloigner des écrans.
De prendre du recul face aux sollicitations.
De partager un moment agréable.
De ne pas devoir répondre immédiatement à tout.
Dans notre Carnet consacré à la charge mentale, nous avions exploré tout ce que nous portons parfois sans même nous en rendre compte.
L'arrivée de l'hiver peut être l'occasion de revenir à cette question :
« Qu'est-ce qui me fatigue réellement en ce moment ? »
Est-ce uniquement la saison ?
Ou également mon rythme de vie ?
Mes responsabilités ?
Mes inquiétudes ?
Mon manque de récupération ?
La pleine santé nous invite à regarder l'ensemble plutôt qu'un seul symptôme.
Une attention particulière aux personnes plus fragiles
L'arrivée du froid nécessite parfois des adaptations supplémentaires.
Les personnes âgées, les très jeunes enfants et les personnes vivant avec certaines maladies chroniques peuvent être plus sensibles aux températures basses.
Il est alors important d'adapter les sorties, les vêtements, l'environnement intérieur et les efforts physiques aux besoins de chacun.
La prévention n'est pas une recette identique pour tous.
Elle commence par une bonne connaissance de sa situation.
Et lorsque la fatigue est inhabituelle, persistante ou importante, il est préférable de consulter plutôt que de l'attribuer simplement au changement de saison.
La page du Carnet
La météo de mon énergie
Pendant les sept prochains jours, je vous propose une observation très simple.
Chaque soir, prenez deux minutes pour répondre à quatre questions.
Mon énergie aujourd'hui : …/10
Ai-je passé un moment à la lumière du jour ?
Qu'est-ce qui m'a donné de l'énergie ?
Qu'est-ce qui m'en a demandé beaucoup ?
Au bout d'une semaine, relisez vos réponses.
Essayez de repérer des liens.
Peut-être découvrirez-vous que certaines journées vous fatiguent davantage.
Ou qu'une promenade, un déjeuner tranquille, une bonne nuit ou un moment sans sollicitations change votre ressenti.
Il ne s'agit pas de tirer des conclusions médicales à partir de ces observations.
Il s'agit simplement de mieux vous connaître.
Le petit pas de la semaine
Offrez-vous un rendez-vous quotidien avec la lumière naturelle
Choisissez un moment réaliste.
Dix à vingt minutes, si cela vous est possible.
Le matin ou pendant votre pause déjeuner.
Marchez si vous le pouvez.
Sinon, profitez simplement d'un moment à l'extérieur, dans des conditions adaptées à votre santé et à la météo.
Puis observez comment vous vous sentez.
Sans objectif de performance.
Sans culpabilité si vous manquez une journée.
Avant de chercher à retrouver notre énergie, apprenons à l'écouter
Novembre ne nous demande pas nécessairement de ralentir toute notre vie.
Mais il peut nous inviter à être plus attentifs.
À la lumière.
Au mouvement.
Au sommeil.
À notre rythme.
À ce qui nous ressource.
Et à ce qui nous épuise.
Nous ne pouvons pas toujours modifier notre environnement.
Mais nous pouvons parfois faire évoluer la manière dont nous y répondons.
Préserver son énergie commence peut-être par cesser de lui demander d'être inépuisable.
La semaine prochaine, nous explorerons une autre dimension essentielle de notre vitalité : les besoins nutritionnels de notre organisme et le fonctionnement de nos défenses immunitaires.
Le mot d'Isabelle
Le respect de vos rythmes
Depuis le début de notre Carnet, nous explorons votre énergie comme on explore un dialogue : sans la juger, sans la forcer.
Prendre soin de votre vitalité ne signifie pas rechercher une énergie permanente. C'est apprendre à écouter vos besoins, à respecter vos rythmes et à accueillir, saison après saison, ce qui change en vous.
Vous n'avez pas à tout transformer cette semaine. Simplement à devenir un peu plus attentif à ce qui vous ressource et à ce qui vous épuise.
À samedi prochain.
Isabelle
Le Carnet du samedi
15 à 20 minutes pour soi.
Lire · Comprendre · Écrire · Expérimenter.
Votre rendez-vous du samedi
15 à 20 minutes pour vous
Lisez. Réfléchissez. Écrivez. Puis faites un petit pas.
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