Le Carnet du samedi
15 à 20 minutes pour soi
Pleine santé : et si prendre soin de soi commençait autrement ?

Et si prendre soin de sa santé ne consistait pas à tout changer… mais à commencer à mieux s'écouter ?
Nous vivons dans un monde qui nous pousse souvent à faire davantage.
Mieux manger. Faire plus de sport. Dormir davantage. Être plus performant. Gérer son stress. Prendre soin de soi. Être disponible pour les autres. Réussir sa vie professionnelle. Avoir des projets. Rester en forme.
La liste peut vite devenir vertigineuse.
Et lorsque nous avons le sentiment de ne pas réussir à tout faire, nous pouvons finir par croire que nous ne faisons jamais assez.
Alors, avant de parler de nutrition, de sommeil, d'activité physique, de gestion du stress ou de développement personnel, j'aimerais vous proposer de faire un pas de côté.
Et si la pleine santé commençait par une autre question ?
Non pas : « Qu'est-ce que je dois encore améliorer chez moi ? »
Mais plutôt : « De quoi ai-je réellement besoin aujourd'hui pour me sentir davantage vivante, en équilibre et actrice de ma vie ? »
C'est cette question que je vous propose d'explorer ensemble, chaque samedi.
Bienvenue dans Le Carnet du samedi.
La pleine santé, qu'est-ce que cela signifie vraiment ?
La santé ne se résume pas à l'absence de maladie.
Dès 1948, l'Organisation mondiale de la Santé définissait la santé comme un état de bien-être physique, mental et social, et pas uniquement comme l'absence de maladie ou d'infirmité.
Cette vision est essentielle. Parce qu'elle nous invite à regarder la personne dans sa globalité.
Notre corps, bien sûr. Mais aussi notre sommeil, notre alimentation, notre niveau d'énergie, nos émotions, notre environnement, nos relations, notre activité professionnelle, notre sentiment de sécurité, notre équilibre de vie, notre capacité à donner du sens à ce que nous vivons.
La santé est donc beaucoup plus vaste qu'une addition de bonnes habitudes.
L'OMS rappelle aujourd'hui encore que notre santé est influencée par de nombreux déterminants : les conditions dans lesquelles nous vivons, travaillons et vieillissons, notre environnement physique, notre situation sociale et économique, nos relations, notre éducation, mais aussi nos comportements et certaines caractéristiques individuelles.
Nous ne sommes pas des êtres isolés. Nous sommes des êtres en relation avec nous-mêmes, avec les autres et avec notre environnement.
C'est précisément ce que j'appelle ici une approche globale de la santé.
Prendre soin de soi dans toutes ses dimensions
Lorsque je parle de pleine santé, je ne pense donc pas à une méthode miracle. Je pense à un chemin. Un chemin qui nous invite à observer plusieurs dimensions de notre vie :
Le corps — Comment est mon niveau d'énergie ? Comment est-ce que je dors ? Est-ce que je bouge suffisamment ? Comment est-ce que je me nourris ? Est-ce que j'écoute les signaux de mon corps ? Nutrition et activité physique sont notamment reconnues comme des déterminants majeurs de santé et jouent un rôle important dans la prévention de nombreuses maladies chroniques.
Le mental — Quelle place est-ce que je laisse au repos ? Suis-je constamment dans l'anticipation ? Est-ce que mon esprit est toujours sollicité ? Est-ce que je sais m'arrêter ?
Les émotions — Est-ce que je m'autorise à ressentir ce qui est là ? Est-ce que je sais reconnaître mes besoins ? Est-ce que je peux demander de l'aide ?
Les relations — Avec qui puis-je être pleinement moi-même ? Quelles relations me nourrissent ? Lesquelles m'épuisent ? Est-ce que je sais poser mes limites ?
L'environnement — Mon cadre de vie me ressource-t-il ? Mon travail est-il compatible avec mon équilibre ? Ai-je suffisamment d'espace pour respirer, réfléchir, créer ?
Le sens — Et peut-être la question la plus profonde : est-ce que la vie que je mène ressemble encore à la personne que je suis devenue ?
Parce que parfois, notre fatigue n'est pas seulement physique. Elle peut aussi être le signe d'un décalage. Un décalage entre ce que nous vivons et ce dont nous avons profondément besoin.
Nous ne pouvons pas tout contrôler
Cette approche globale ne signifie pas que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive. C'est un point important.
L'OMS souligne que de nombreux déterminants de santé échappent directement à notre contrôle : les conditions de vie, les revenus, le logement, l'environnement, les conditions de travail, l'accès aux ressources ou encore le soutien social jouent eux aussi un rôle important.
Alors, prendre soin de soi ne signifie pas culpabiliser davantage. Cela signifie plutôt identifier notre zone d'action.
Que puis-je réellement changer ? Que puis-je influencer ? De quoi puis-je prendre conscience ? De quelle aide ai-je besoin ?
Et surtout : quel serait le plus petit pas possible aujourd'hui ?
Et si nous arrêtions de vouloir tout changer ?
C'est probablement l'un des pièges les plus fréquents lorsque nous décidons de prendre soin de nous.
Un lundi matin, nous décidons : « Cette fois, je change tout. »
Nouvelle alimentation. Sport tous les jours. Méditation. Coucher à 22 heures. Plus de sucre. Plus d'alcool. Organisation parfaite. Nouvelle routine du matin.
Pendant quelques jours, la motivation est là. Puis la réalité reprend ses droits.
Une semaine chargée. Un enfant malade. Une réunion tardive. Une mauvaise nuit. Un imprévu.
Et la belle routine disparaît. Nous pensons alors avoir échoué.
Mais peut-être que le problème n'était pas notre volonté. Peut-être que le changement demandé était simplement trop grand pour notre réalité.
Les recherches récentes sur la formation des habitudes montrent justement que leur installation prend du temps et varie considérablement d'une personne à l'autre. Une revue systématique publiée en 2024 rapporte des délais très variables selon les comportements et les individus, avec des estimations allant de quelques semaines à plusieurs mois.
Il n'existe donc pas de bouton magique. Et c'est plutôt une bonne nouvelle. Parce que cela nous autorise à avancer autrement.
Les petits pas ont leur place dans une vie réelle
Imaginez que vous souhaitiez retrouver davantage d'énergie.
Vous pourriez décider de transformer immédiatement toute votre hygiène de vie. Ou vous pourriez commencer par observer.
Cette semaine, je vais simplement regarder mon sommeil.
À quelle heure est-ce que je me couche ? Comment est-ce que je me sens au réveil ? Qu'est-ce qui perturbe mes nuits ? Que pourrais-je essayer de modifier, juste un peu ?
La semaine suivante, peut-être choisirez-vous de marcher dix minutes de plus. Puis de revoir un repas. Puis de remettre une vraie pause dans votre journée. Puis de vous coucher un peu plus tôt. Puis de dire non à quelque chose qui vous épuise.
Un petit pas peut sembler insignifiant. Mais un petit pas répété devient une direction. Et une direction peut, avec le temps, devenir un chemin.
Votre rendez-vous du samedi
C'est exactement pour cela que je crée aujourd'hui Le Carnet du samedi.
Chaque samedi, je vous proposerai de vous accorder 15 à 20 minutes pour vous.
Pas une heure. Pas une nouvelle injonction. Pas une liste interminable de choses à faire.
Juste un espace. Un temps pour lire. Pour réfléchir. Pour prendre de la hauteur. Pour vous poser une question. Et pour écrire quelques lignes dans votre carnet.
Parce que je crois profondément que la prise de conscience précède souvent le véritable changement. Et qu'avant de savoir quoi faire, il est parfois nécessaire de comprendre ce que nous vivons.
La page du Carnet
Votre page du Carnet — cette semaine
Prenez une feuille ou votre carnet. Installez-vous tranquillement. Éloignez votre téléphone. Respirez.
Et répondez spontanément aux trois questions suivantes :
1. Aujourd'hui, comment est-ce que je me sens vraiment ? Pas comment je devrais me sentir. Pas comment je donne l'impression de me sentir. Comment je me sens réellement ?
2. Dans quelle dimension de ma vie ai-je le plus besoin de prendre soin de moi ? Le corps — Le mental — Les émotions — Les relations — L'environnement — Le sens / mon projet de vie. Il n'y a pas de bonne réponse. Il y a simplement votre réponse aujourd'hui.
3. Quel est le plus petit pas que je pourrais faire cette semaine ? Pas le plus ambitieux. Pas celui qui impressionnera les autres. Le plus petit pas que je suis réellement capable de tenir.
Écrivez-le. Puis demandez-vous : « Qu'est-ce qui pourrait m'aider à rendre ce petit pas possible ? »
Et si votre santé commençait par votre attention ?
Nous cherchons parfois des solutions compliquées alors que la première étape pourrait être beaucoup plus simple : s'arrêter quelques minutes et regarder.
Regarder son corps. Son énergie. Ses pensées. Ses émotions. Ses relations. Son environnement. Ses envies. Ses contradictions aussi.
Parce que prendre soin de soi n'est pas chercher à devenir quelqu'un d'autre. C'est peut-être, avant tout, revenir suffisamment à soi pour entendre ce qui demande à être entendu.
La pleine santé n'est pas la perfection. Elle n'est pas une destination à atteindre. Elle peut être envisagée comme une dynamique : apprendre à mieux se connaître, prendre soin de ce qui peut l'être, ajuster, expérimenter, demander de l'aide lorsque c'est nécessaire et avancer à son rythme.
Le petit pas de la semaine
Cette semaine, ne changez rien. Observez.
Pendant sept jours, notez simplement chaque soir :
Mon énergie aujourd'hui : /10
Et une phrase : « Ce qui m'a fait du bien aujourd'hui, c'est… » Puis : « Ce qui m'a coûté de l'énergie, c'est… »
Au bout de sept jours, relisez. Vous aurez peut-être déjà commencé à découvrir quelque chose.
Et parfois, une découverte est le début d'un changement.
Le mot d'Isabelle
À samedi prochain
Chaque samedi, je vous retrouverai ici pour un nouveau temps de réflexion.
Un sujet. Quelques clés documentées. Une question. Un exercice simple. Et surtout, un petit pas à expérimenter dans votre vie réelle.
Vous pourrez lire cet article en 15 minutes. Ou prendre 20 minutes. Ou seulement garder une phrase.
Il n'y a rien à réussir. Ce rendez-vous est simplement une invitation à vous accorder une place.
Alors, à samedi prochain.
Prenez soin de vous.
Isabelle
Ce que nous dit la recherche
Ce que nous dit la recherche
La santé est influencée par bien plus que nos comportements individuels. Les déterminants sociaux, économiques et environnementaux jouent un rôle important dans notre santé et notre bien-être.
Les habitudes, elles, se construisent progressivement. Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2024 montre une grande variabilité dans le temps nécessaire à la formation d'une habitude de santé : il n'existe pas de délai universel.
Votre rendez-vous du samedi
15 à 20 minutes pour vous
Lisez. Réfléchissez. Écrivez. Puis faites un petit pas.