Le Carnet du samedi
15 à 20 minutes pour soi
Prendre soin de soi quand on n'a jamais le temps : par où commencer ?

« Je sais que je devrais prendre davantage soin de moi… mais je n'ai pas le temps. » Cette phrase, nous l'avons probablement tous prononcée.
« Je sais que je devrais prendre davantage soin de moi… mais je n'ai pas le temps. »
Cette phrase, nous l'avons probablement tous prononcée.
Parce que nos journées sont déjà pleines.
Travail. Famille. Rendez-vous. Courses. Messages. Administratif. Imprévus. Personnes dont il faut prendre soin.
Et lorsqu'il devient nécessaire de retirer quelque chose de l'agenda, savez-vous quelle personne disparaît souvent en premier ?
Nous-mêmes.
Alors aujourd'hui, dans Le Carnet du samedi, je ne vais pas vous demander de trouver une heure supplémentaire dans votre journée.
Je vais vous proposer quelque chose de beaucoup plus simple : repenser ce que signifie réellement prendre soin de soi.
Prendre soin de soi ne signifie pas seulement « se faire plaisir »
L'expression est parfois devenue tellement utilisée qu'elle a perdu une partie de sa profondeur.
Prendre soin de soi serait prendre un bain. Réserver un massage. Partir en week-end. Faire du yoga. Lire tranquillement.
Tout cela peut évidemment nous faire beaucoup de bien.
Mais le soin de soi est beaucoup plus vaste.
L'Organisation mondiale de la Santé définit en 2026 le self-care comme la capacité des personnes, des familles et des communautés à promouvoir et maintenir leur santé, prévenir la maladie et faire face aux problèmes de santé, avec ou sans l'aide d'un professionnel.
Autrement dit : prendre soin de soi, c'est aussi devenir progressivement acteur de sa santé.
Cela peut signifier : dormir, bouger, manger, récupérer, maintenir des liens, observer les signaux de son corps, faire ses examens de prévention, demander de l'aide, consulter lorsque c'est nécessaire, poser une limite, ou simplement reconnaître que quelque chose ne va plus.
Et l'OMS apporte une précision essentielle : prendre soin de soi ne remplace pas les professionnels ni le système de santé. Cela les complète.
Voilà une définition qui correspond beaucoup davantage à ce que j'appelle la pleine santé.
Mais où trouver le temps ?
Peut-être en arrêtant d'imaginer que prendre soin de soi nécessite nécessairement du temps supplémentaire.
Regardons une journée ordinaire.
Vous buvez déjà un café le matin. Pourriez-vous le boire cinq minutes sans téléphone ?
Vous déjeunez déjà. Pourriez-vous vous asseoir réellement pour manger ?
Vous vous déplacez. Pourriez-vous marcher dix minutes supplémentaires ?
Vous prenez votre téléphone des dizaines de fois. Pourriez-vous transformer l'un de ces moments en cinq minutes sans stimulation ?
Vous terminez votre journée. Pourriez-vous vous demander : « Comment est-ce que je vais aujourd'hui ? »
Le soin de soi peut parfois commencer à l'intérieur de la vie qui existe déjà.
Ce que nous dit la recherche
Ce que nous disent les recommandations
L'OMS inclut parmi les comportements de soin de soi des pratiques très quotidiennes : alimentation favorable à la santé, activité physique, sommeil suffisant et maintien des liens sociaux.
Elle rappelle également que quelques minutes par jour peuvent suffire pour pratiquer certaines techniques simples de gestion du stress.
En France, Santé publique France souligne de son côté l'importance de l'alimentation, de l'activité physique et de la réduction de la sédentarité parmi les déterminants de santé.
Nous retrouvons donc une idée essentielle : prendre soin de soi n'est pas nécessairement faire beaucoup. C'est parfois faire régulièrement quelques choses importantes.
Et si la vraie question n'était pas le temps ?
Je vous propose une petite expérience.
Imaginez qu'une personne importante pour vous vous appelle et vous dise : « J'ai vraiment besoin de toi. Est-ce que tu pourrais m'accorder vingt minutes cette semaine ? »
Trouveriez-vous ces vingt minutes ? Très probablement.
Alors une question devient intéressante : pourquoi avons-nous parfois tant de difficultés à nous accorder la disponibilité que nous offririons spontanément à quelqu'un que nous aimons ?
Je ne pose pas cette question pour créer de la culpabilité. Au contraire. Je la pose pour ouvrir une réflexion.
Nous pouvons être disponibles pour les autres sans nous abandonner nous-mêmes.
Prendre soin de soi, c'est parfois faire moins
Nous associons beaucoup le développement personnel à l'idée d'ajouter. Une routine. Une pratique. Une activité. Un objectif. Une méthode.
Mais votre prochain geste de santé pourrait être de retirer quelque chose.
Une sollicitation. Une notification. Une obligation non essentielle. Une heure d'écran. Un engagement pris par automatisme. Une exigence excessive envers vous-même.
Prendre soin de soi ne consiste pas toujours à demander : « Que dois-je faire de plus ? »
La question peut aussi être : « De quoi ai-je besoin de faire un peu moins ? »
La page du Carnet
Votre page du Carnet
Prenez quelques minutes.
Puis complétez spontanément ces phrases.
1. Je dis souvent que je n'ai pas le temps de… — Écrivez sans vous censurer.
2. Pourtant, je trouve presque toujours du temps pour… — Regardez simplement ce qui apparaît.
3. Ce qui me ferait réellement du bien en ce moment serait… — Pas ce que vous « devriez » faire. Ce dont vous avez besoin.
4. Qu'est-ce qui m'empêche de me l'accorder ? — Le temps ? La culpabilité ? L'organisation ? Les autres ? Une croyance ? Une habitude ?
5. Si je pouvais protéger 20 minutes cette semaine, je les consacrerais à… — Vous avez votre réponse.
Le petit pas de la semaine
Votre petit pas de la semaine
Ouvrez maintenant votre agenda. Pas demain. Maintenant.
Choisissez un créneau de 20 minutes dans les sept prochains jours.
Et écrivez : RENDEZ-VOUS AVEC MOI.
Lorsque ce moment arrivera, ne cherchez surtout pas à le rendre productif.
Marchez. Écrivez. Respirez. Buvez quelque chose tranquillement. Écoutez de la musique. Asseyez-vous dehors. Ou ne faites absolument rien.
L'objectif n'est pas ce que vous ferez pendant ces vingt minutes.
L'objectif est d'expérimenter quelque chose : tenir un rendez-vous pris avec vous-même.
Une question à emporter avec vous
Lorsque nous répétons : « Je n'ai pas le temps », peut-être pouvons-nous parfois ajouter : « … aujourd'hui, je ne lui ai pas donné de place. »
La nuance est importante. Parce qu'elle nous rend une partie de notre pouvoir d'action.
Sans nier nos contraintes. Sans nier nos responsabilités. Sans nier les périodes de vie où vingt minutes sont réellement difficiles à trouver.
Mais en nous rappelant simplement ceci : vous faites également partie des personnes dont il est légitime de prendre soin.
Et si vous souhaitez poursuivre cette réflexion…
La semaine dernière, nous avons observé ce qui nourrit ou épuise notre énergie.
Cette semaine, nous faisons un pas supplémentaire : redonner une place à nos propres besoins.
Samedi prochain, nous irons encore plus loin avec une question essentielle : pourquoi savons-nous souvent ce qui nous ferait du bien… sans parvenir à le faire durablement ?
Nous parlerons des habitudes, de motivation et surtout de la puissance des petits pas.
Et si vous sentez qu'il est temps de faire le point sur votre propre situation, je vous propose un premier échange de 15 minutes, sans engagement, simplement pour faire connaissance et regarder ensemble comment avancer.
Le mot d'Isabelle
À samedi prochain
À samedi prochain.
Isabelle
Votre rendez-vous du samedi
15 à 20 minutes pour vous
Lisez. Réfléchissez. Écrivez. Puis faites un petit pas.
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